Impact des facteurs interpersonnels sur le décrochage scolaire au Québec

Au plan des relations entre pairs, les études prospectives ont montré que l’isolement social et le rejet par les pairs augmentent les risques de décrocher. De plus, les futurs décrocheurs s’associent plus souvent à des pairs décrocheurs ou potentiellement décrocheurs et dont les aspirations scolaires sont peu élevées. Elliott et Voss ont aussi observé que les décrocheurs manifestent une plus grande fidélité à leurs pairs qu’à leurs parents. Des relations conflictuelles et insatisfaisantes avec les enseignants ou le personnel de l’école apparaissent aussi comme des facteurs de risque.

Facteurs individuels

Les garçons semblent plus à risque de décrocher que les filles, bien que des études récentes tendent à démontrer que le sexe de l’enfant perd sa valeur prédictive une fois que les facteurs de risque scolaires (échec, motivation, retard) et familiaux sont connus. Au Québec, les élèves dont la langue maternelle est le français sont plus nombreux à décrocher que les élèves de langue maternelle anglaise. Les données en provenance des États-Unis relèvent généralement un plus haut taux de décrocheurs chez les élèves qui proviennent des communautés noires et ispanophones. Certains auteurs constatent cependant que ces différences ethniques disparaissent une fois que l’on considère les caractéristiques familiales et socioéconomiques.
Étant donné la nature même de la problématique, il n’est pas étonnant de constater que la qualité de l’expérience scolaire est un des plus puissants prédicateurs du décrochage scolaire. Parmi les facteurs de risque les plus importants on note : des habiletés intellectuelles et verbales faibles, l’échec et le retard scolaire, une motivation et un sentiment de compétence affaiblies, des aspirations scolaires moins élevées, des problèmes d’agressivité et d’indiscipline, de l’absentéisme, ainsi qu’un faible investissement dans les activités scolaires et parascolaires.
Du côté des habitudes de vie, les facteurs de risque identifiés par les études longitudinales sont : fumer du tabac ou faire usage de psychotropes, flâner, avoir des conduites délinquantes, fréquenter beaucoup les membres du sexe opposé et avoir un enfant.
Enfin, au plan de la personnalité, les futurs décrocheurs semblent afficher davantage une faible estime de soi, une propension à somatiser, des états affectifs négatifs et le sentiment que ce sont des facteurs externes qui régissent leur destinée. Il est intéressant de noter une amélioration de l’estime de soi et du sentiment de contrôle des décrocheurs après qu’ils ont abandonné l’école.

Texte tiré d’une étude effectuée par Michel JANOSZ
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